Cuba rebarre
Après quelques jours de calme à Ciego de Avila nous reprenons la route pour Camaguey, troisième plus grande ville du pays après La Habana et Santiago de Cuba. Nous allons a la gare routière de bon matin ou on nous donne un numéro pour que nous puissions prendre à notre tour le prochain camionnès pour Camaguey. Nous n’attendons pas tres longtemps et le voyage se passe sans histoire. Arrivé en ville nous prenons un taxi a 4CUC jusqu’a la Casa Particular de Maria Eugenia dont Yarek nous avait donné l’adresse. La maison est somptueuse ce qui nous change de la ville ou les gens ont une facheuse tendance a faire la tronche. Nous mangeons dans le “meilleur restaurant de la ville” une mini assiette de viande avec 6 frites et demies pour un prix gastronomique et en plus la serveuse essaie de nous voler sur la monaie (n’allez dons pas au Bodegon Son Cayetano ou alors pour leur mettre un coup de boule de ma part). Du coup nous sautons dans le premier train pour Bayamo des potron minet…

Le train a Cuba, il faut l’avoir pris pour comprendre… Une heure de retard au départ parce que la locomotive était en panne et qu’il a fallu en touver une autre, le voyage ponctué par les arrêts dans de petites gares au milieu de nulle part où des vendeurs en tous genres passent vous vendre du fromage, du café, des sandwiches et même des glaces, une ambiance chaleureuse et solidaire dans le wagon (une vielle dame a même insisté pour nous donner des centavos pour téléphoner et refusé tout cadeau “parce que n’est pas bien de rémunérer les services“. Une sorte d’antijineteros en quelque sorte), tout ca aurait pu rester très pittoresque si finalement on n’avait pas appris une heure avant l’arrivée que seulement les cinq premiers wagons allaient à notre destination. Il nous aura fallu traverser la moitié du train avec nos bagages en croisant des Cubains avec les leurs souvent énormes (les bagages) dans les petits couloirs sous une chaleur étouffante et secoués comme dans le Tonnerre de Zeus. Que du bonheur ! Une fois arrivés nous avons passé une nuit dans une Casa pas terrible et un peu chère (avec une vitre de cassée ce qui n’est pas conseillé avec les moustiques) que nous avait recommandé le gars de Camaguey (Décidément je n’aime pas cette ville) et nous avons très vite cherché un autre logement que nous avons tres vite trouvé chez les gens les plus simples et chaleureux des Casas : Oscar et Manuela.

Bayamo est une ville vraiment cool. Les gens sont très détendus et souriants, la plupart des magasins sont en pesos (la démonstration que l’argent ne fait pas le bonheur ?) mais très peu achalandés, le soir les gens jouent vraiment aux dominos ou aux échecs dans la rue, j’ai vraiment eu l’impression de voir ici les cubains qui vivent encore au rythme d’avant l’ouverture aux touristes et la double économie. Même la propagande se fait discrète et colorée.

Dommage que nous ne restons pas samedi pour la nuit de folie hebdomadaire mais je tiens absolument a voir le Ultimo de Cuba et il ne nous reste que quelques jours de voyage. Nous nous levons a trois heures du matin afin de prendre le bus pour touristes (Viazul) pour Santiago et un Bicitaxi vient nous chercher pour nous emmener a la gare routiere.

Bien entendu le bus de 4:30 part a 6H et nous pensons que nous n’aurons jamais la correspondance a 7H30 pour Baracoa. Mais a Cuba il y a toujours une solution pour peu que vous vous adressiez a la bonne personne. Le portier de la garde routière accellère nos files d’attente et finalement nous sommes dans le bus qui part a 8H presque vide. A t’il attendu ? est-ce un bus supplémentaire ? Mystère…

Le bus est climatisé a 18° et nous avons du sortir sweet a capuche et veste pour ne pas attraper une angine. Les paysages de l’Oriente sont vraiment superbes. Nous ne verrons pas la base américaine et ses 75000 mines (le plus grand champ de mines de l’hémisphère Sud) où nous avions prévu de lancer quelques cailloux mais nous traversons une superbe base d’helicoptères (ici les moustiques sont énormes et tres agressifs) bien à l’abri dans notre bus.

Puisque nous sommes dans un “Bus pour Touristes” je me permet de sortir l’appareil photo en traversant Guantanamo (la ville). Jusque là, nous avions évité de sortir un appareil photo pour mettre la misère sur pellicule.

Voila qui nous change des villas de rève de Cienfuegos…

La richesse des Palestinos (c’est ainsi que les Cubains de l’ouest appellent les Cubains de l’Est) n’est pas dans leur biens matériels mais dans leur coeur. En effet, moins ils ont d’argent moins ils courent après, et plus il ont la main sur le coeur.

Nous approchons del ultimo de Cuba et l’autopista n’est plus qu’un vague souvenir…

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