Cuba n’a nié
Après avoir passé les deux nuits obligatoire dans la capitale, nous étions impatients de partir enfin sur les routes pour voyager avec les Cubains et nous rapprocher un peu de leur vie quotidienne. Après avoir trouvé enfin quel gua-gua nous devions prendre pour nous rapprocher de l’autopista (c’est le P-1 et il faut descendre juste après le Museo Hemingway) et marché un petit kilomètre sous le soleil de plomb nous rejoignons un groupe d’autochtones disséminés tout au long de la route des billets à la main. En effet le stop à Cuba est une espèce de covoiturage banalisé. Nous passons la journée à regarder les autres partir (dont un avec une énorme télévision qui se fait embarquer dans une grosse américaine) en discutant un peu avec certains d’entre eux. J’y apprend le secret des plaques mineralogiques cubaines (Les bleues sont gouvernementales, les rouges qui commencent par un T sont pour les T…ouristes, et la première lettre n’est pas sans rapport avec la ville ou est immatriculé le vehicule).

Finalement, alors que le soleil décide de nous lacher un peu, un des gars avec qui nous avions discuté et qui avait trouvé de la place a l’arrière d’un camion, informe le chauffeur de notre destination et celkui ci s’arrete pour nous faire monter. Nous chargeons encore une douzaine de personnes sur la route et nous arrivons peu avant minuit a Cienfuegos. Le chauffeur nous demande ou nous descendons et quand nous lui disons que nous cherchons un hotel pour la nuit il s’arrete un peu plus loin, discute deux minutes avec un groupe de jeunes femmes qui nous enjoignent aussitôt de les suivre et qui nous mènent à la Casa Particular de Yarek & Kenia.

La chambre est superbe, la ville aussi, et surtout la pointe sud qu’on appelle Punta Gorda. Le seul problème est les jineteros (rabatteurs) qui nous accostent (en anglais) a tout bout de champ pour nous emmener dans un Ristorante manger de la Langosta ou dans une Discoteca voire nous vendre des cigares “car ils ont un ami qui travaille dans une fabrique”( gare a la boite remplie de sable)… Yarek veut émigrer aux zetazunis ou vit déjà son frère car là bas il parle espagnol toute la journée alors qu’ici il parle anglais tout le temps !?! Va comprendre, Charles…

Le soir en allant boire un Mojito (Je vous recommande ceux de Carlos qui travaille au Centro Recreativo tout au fond de la Calla 35 à la pointe de Punta Gorda) et fumer un Partagas, je discute avec un jinetero qui parle un peu de français et comme il reste sympa alors que je ne marche pas dans ses combines je lui propose de boire un verre avec nous. Il me dit qu’il préfère boire un verre d’eau et que je lui donne les 2CUC que coutent le Mojito. Je lui donne ainsi qu’un savon pour sa fille “qui va fêter son anniversaire samedi“. Si ca se trouve il n’a même pas de fille mais c’est pas grave, ça sera un cadeau pour une copine !

Le lendemain nous prenons la route. Cette fois plus de stop. Ce sont les flics (Amarillos parce que sapés en jaune) qui arrêtent les voitures (à plaque bleue) et qui font monter les gens. Au passage on leur donne 5 peso qu’ils mettent dans une caisse (pas de corruption a Cuba). Cette fois nous ‘attendons que jusqu’à 15 heures pour monter dans une petite cahute de tôle soudée a l’arrière d’un camion en compagnie d’un couple de vieux avec qui nous avons sympathisé pendant l’attente et qui vont au même endroite que nous. Bien sûr il il y 25 places et nous tenons a 30. Ici pas de ceinture de sécurité à l’arriere et il faut se cramponner pour ne pas basculer dans les virages puisqu’il n’y a pas de porte non plus.

Le camion nous dépose a un croisement en pleine campagne et nous attendons une petite demie heure le billet a la main (pendant laquelle nous en profitons pour faire remplir une bouteille d’eau à une maison pas loin) qu’un petit camion nous emmène jusqu’à l’arret du Gua-Gua pour Trinidad. Lequel arrive au bout de trois quart d’heure, fait deux kilometres et tombe en panne. Réparation de fortune, il nous dépose tous au bord de la route et repart a vide vers le dépôt. Une heure plus tard, le suivant nous déposera enfin a destination. Là, le charmant couple de petits vieux nous recommande a un gars qui nous emmene a une Casa Particular. Pas de Bol, pas de chambre de libre. Qu’à cela ne tienne, le temps de boire un Cafè et il aura appelé un collègue qui en a une de disponible. Nous passons donc trois jours chez Martin et Emiliana car mon traducteur a un petit peu de tourista…

Martin est professeur d’espagnol a l’université et a ses heures réparateur de ventilateurs (le nôtre étant tombé en panne le matin). La particularité de Trinidad (qui lui vaut d’être classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1988) est qu’elle a conservé ses rues pavées du XVe siècle plutôt que de bénéficier des routes goudronnées et nids de poules des autres cités cubaines. C’est tout aussi casse gueule en haut talons et ca ne mérite pas tout un pataquès si vous voulez mon avis. De plus les jineteros sont très virulents et j’inaugure la phrase que je répéterai le plus durant ce séjour : “NO HABLA INGLES !“. En plus je m’apperçois que j’ai paumé mes lunettes de soleil pendant le voyage. Va donc en trouver une paire dans les magasins vides de l’ile, tiens ! Seul point positif, mon rejeton étant rétabli, nous décidons d’aller voir la mer de près pour vérifier si l’eau est aussi bonne qu’on le dit…

La Boca n’est qu’a cinq kilometres au sud de Trinidad et nous décidons d’y aller a pied pour économiser le taxi. Au bout de deux kilometres sous le cagnard et ayant déja perdu trois litres d’eau, je demande a un gars qui passe en charette a cheval avec sa femme et sa fille s”ils ne vont pas à la playa par hasard et il nous fait monter à l’arriere. On discute pendant le trajet, j’offre quelques savons, il me propose un coup de tord boyaux que je refuse poliment arguant que je ne buvais pas avant le coucher du soleil et il me propose de nous ramener en ville si on le croise plus tard. Ca nous change un peu de tous ceux qui courent après le pognon…

Cool, tous les touristes sont partis à la plage de sable blanc de la photo de l’agence de voyages (à 12km) et il n’y a ici quasiment que des cubains. L’eau est super bonne bien meilleure que les pasta a l’eau et a la sauce tomate sans goût que nous achetons une poignee de pesos. J’essaie la Agua con gaz qui s’avère très décevante aussi. Sinon le reste est quand même tres cool. Je distribue quelques caramellos de francia a quelques enfants puis nous essayons de choper le cammionès pour Trinidad. Il refuse de nous laisser monter et nous acceptons de prendre une vielle américaine toute pourrie pour 3CUC. Sur le trajet le chauffeur manque de se viander sur un talus parce qu’il avait vu des filles sorti la tête pour leur chanter la sérenade. Son pote se fout de lui dans une chanson improvisée et nous rigolons bien jusqu’en ville.

Comme il commence a nous proposer “d’aller manger gratis parce qu’il nous trouve très sympathiques“, je lui donne rendez vous le lendemain à la même heure sachant très bien que nous ne serons plus là. Dommage jusque là il avait été plutôt sympa. Nous nous levons tôt, ratons le bus et partons en collectivos jusque Sancti Spiritus ou nous embarquons quelques heures plus tard dans un bus qui faisait four également (nous étions assis au niveau du pot d’echappement) puis un camionès jusque Ciego de Avila. Petite ville sympathique tres calme, pas de jineteros, la Casa Particular de Leonarda n’est pas tres chère (le desayuno est inclus) le restaurant en ville non plus et nous trouvons même un superbe Pastel a 7 peso !

Nous restons quelques jours au calme avant de partir pour l’Oriente…
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