Quoi de loupé ?
Malgré trois semaines de blackout dans la voix de son maître les médias nationaux, ils n’ont pas laché. Malgré l’un des leurs assassiné dans des circonstances troublantes, ils ont continué le combat. Malgré des négociations ou ce qui était mis sur la table n’avait qu’une valeur décorative, ils ont gardé leur calme. Il serait peut être grand temps que l’on explique à ceux qui croient encore que le silence de leurs pantoufles nuit de cristal au bruit des bottes ce que veulent dire les initiales L.K.P.
Le manque crucial de dictionnaires Français-Creole/Creole/Français laisse dire aux petites mains de la propagande journalistes français que liyannaj’ kont profitasyon signifierait collectif contre la vie chère. Même si c’est une des revendications importantes de ce mouvement, en réalité on voit mal comment profitasyon pourrait être traduit par vie chère. Et on comprend evidemment pourquoi notre bon président du pouvoir d’achat préfère passer pour un incapable plutot que l’on puisse faire le rapprochement entre profit et profiteurs comme le font allègrement nos “nègres de grande banlieue” (c’est pas moi qui le dit, c’est lui qui le pense).
Il faut dire aussi que si l’on regade de plus près ce qu’on omet de préciser dans les livres d’histoire, la manière dont le pouvoir économique a été confisqué dans les Iles est assez ahurissant. En effet, la république (en ce temps là, ca voulait dire tout autre chose) ayant décidé que le commerce du bois d’ébène n’était pas acceptable en son sein, a du indemniser toute la filière économique qui en profitait au moment de l’abolition.
Eh oui, ce ne sont pas les victimes qui ont été indemnisées mais les bourreaux. Incroyable non ? Il ne fut donc pas très difficile aux “békés” de transformer cette fortune (celle amassée avec l’esclavage PLUS les généreuses indemnisations) en monopole commercial, d’autant plus qu’à cette époque, il était interdit aux autochtones de commercer avec d’autres pays que la mère patrie. En compensation, de nombreux noirs purent trouver un emploi mal payé, dans la fonction publique, ce qui créa sans doute pour partie le rythme tranquille de nos administrations et les files d’atente que le monde nous envie.
Depus que l’effondrement annoncé du système financier mondial a accentué les fins de mois misérables du bas peuple dans ces contrées, des voix se sont levées pour qu’enfin, cela cesse. Notre gouvernement, comme à son habitude a feint de ne pas entendre, a laissé négocier de fausses promesses et a même tenté de faire basculer le conflit dans la violence pour le résoudre de la seule manière qu’il connaisse : la répression. Malgré cela, les grévistes ont tenu bon et ont gardé leur calme, premettant ainsi au conflit de s’étendre sur les autres iles et peut être bientôt en métropole ?
Et si au bout de six semaines de calme, la situation venait à s’envenimer, la grève pacifique se muer en révolution sauvage, il sera bien malvenu de condamner ce mouvement. D’autant plus que nos bonnes banlieues qui ne se sont pas embrasées depuis un bon moment, pourraient bien occuper la milice police de ce coté ci de l’océan puisque, même si on a du mal à le croire, il ne peuvent pas être partout (du moins en même temps). Et ce n’est pas l’embastillement de notre prisonier politique national qui les arretera, eux. Avant mai 68 il y eut un mai 67
A l’heure ou j’écris ces lignes, le gouvernement doit présenter de nouvelles propositions (en fait les mêmes mais mieux expliquées parce que ces primates y comprennent rien à rien) qui devraient mettre fin à la crise domtoméenne. Dans la foulée, il remettra aussi le libéralisme financier sur les rails et tout repartira de plus belle. C’est les pauvres qui vont être contents !
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