La guerre du quatre n’a pas eu lieu.
Ri-di-cu-les !
Nous partimes cinq cent, et nous nous vîmes fort dépourvus lorsque la bise fut venue. En arrivant à Versailles en ce jour béni du quatre février de l’an de grâce deux mille huit, je m’attendais a un grand rassemblement citoyen de la part de tous ceux qui avaient été floués de leur droit de vote légitime lors du coup d’état simplifié ourdi a Lisbonne par notre nouvel empereur flanqué de messieurs Fion et Sacderiz cet horrible dix-neuf octobre deux mille sept.
Eh bien, ce fut un tout autre spectacle qui m’attendait ! A la place des sans culottes armés de fourches et de bâtons, une poignée de drapeaux (rouges certes) d’attac, d’elle sait air, et autres comme unistes flottaient au dessus de trois quatre stands dont un de la confederation paysanne qui faisait de bien apétissant sandwiches réservés aux non musulmans.
Les sept cent mille sans abris avaient du s’en trouver un, les cinq millions de sans emplois aller pecher pour se nourrir et tous les autres obligés de travailler plus sous l’oeil torve des actionnaires tremblant pour leurs bénéfices depuis le bon exemple de gestion prôné par la société générale. Même notre jeunesse dévoyée et sans le sous n’avais pas osé griller le dur pour empecher le plus gros symbole de la politique de notre nouvel empereur. Quand aux habitants des cités, ils doivent etre agoraphobes car s’ils sont les premier a vouloir tout casser chez eux dès la première contrariété, ils ont sans doute beaucoup de mal à s’éloigner de plus de trois cent metres desdites cités. La question que je n’étais sans doute pas le seul a me poser était donc: “Mais ou sont les autres ?“.
J’ai bien du appercevoir une trentaine de bonnets phrygiens, et une ou deux pancartes qui sortaient de l’ordinaire. La première citait l’article 35 de la déclaration des droits de l’homme et la deuxième disait aux représentants du peuple que la seule croissance que nous leur demandions était celle de leur intelligence. Je profite qu’on parle d’intelligence pour ouvrir une petite parenthèse avec une citation de notre leader minissimo lorsqu’il n’était encore qu’apprenti zébulon :
Le temps de prendre un demi calva dans un haut lieu de la réaction (à savoir un bar tabac versaillais) que le cortège s’ébrouait pour effectuer les six cent cinquante metres qui nous séparaient du chateau de Versailles. Au bout de cent cinquante ,des barrieres gardés par un cordon de serlefesses nous ont stoppés net.
Enfin, juste le peuple car les quelques élus qui nous accompagnaient ont réussi a passer de l’autre côté sans aucun problème juste avant que les camionettes grillagées ne referment définitivement le passage. L’appel des caméras sans doute ? Il y eut bien une tentative isolée de passer en force par un vaillant manifestant (à moins que ce fut-ce un provocateur ?) ce qui donna l’occasion aux serlefesses de nous attaquer avec des gaz et a moi de faire sensation avec un masque datant de la guerre de quatorze que j’avais prévu spécialement à cette occasion. La prochaine fois, il faudra que les gars du CNRS viennent avec leurs ventilos (il parait qu’ils en ont de tres gros là bas) pour retourner à l’envoyeur leurs succédanés de zyklon.
Après avoir glandé une bonne heure, nous avons eu droit aux traditionnels discours de quelques “organisateurs“. José est même venu nous faire un petit speech tandis que le petit facteur nous promettait d’autres combats plus glorieux dans le futur. C’était joliment dit mais je ne peux pas m’empecher de penser qu’ils étaient quand même à coté de la plaque. Nous n’étions pas censés être venus pour un baroud d’honneur pour défendre ce non que le peuple avait voté. L’objet était tout autre. “Ce qui a été voté par le peuple ne peut etre defait que par le peuple“. Enfin… jusqu’à aujourd’hui. J’aurais voulu entendre des ouiistes venir aussi défendre cette démocratie. J’ai déja fait ce constat dans un article mis de côté : Nos représentants ne nous représentent plus. Si l’on veut parler de démocratie, il va falloir abandonner cette mascarade qu’est le système représentatif.
Après cette longue journée inutile (je m’excuse pour ceux qui avaient eu le courage de venir et certains de très loin mais bon, si on veut être honnête…), nous avons évité de justesse des altercations inutiles avec des militants d’un autre extrème ce qui aurait bien entendu fait le beau jeu des quelques caméras présentes dans le coin alors que même s’ils sont souvent à l’opposé de nos convictions, il n’y aurait pas eu le résultat que l’on connait au dernier référendum sans leur voix (je vous laisse méditer la dessus aussi…) et nous sommes repartis coeurs en déroute comme dans un tango du grand jacques. Enfin, nous avons essayé car l’autre bout de la rue était aussi bouclé par un cordon de serlefesses ! Apres nous avoir fait poirauter dix minutes e plus, ils nous ont plus ou moins laissé repartir à condition que nous passions a travers un Monoprix pour ne pas nous faire remarquer. Le vigile n’en croyait pas ses yeux ! Décidément, la révolution n’est plus ce qu’elle était !
A l’heure ou j’écris ces lignes, le sort en est jeté (comme le respect du suffrage universel). Pensez donc à garder la page de l’éphéméride d’aujourd’hui, il fera un tres joli bulletin de vote pour les municipales. A moins que vous n’ayez la chance d’avoir un(e) maire qui s’était exprimé pour le référendum (mais alors, avant aujourd’hui, sinon ca ne vaut pas).
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